Pratique encore émergente, l’Atomic research fait son chemin. Cette approche nouvelle qui nous vient d’outre-Manche vise à rationaliser la connaissance utilisateur dans une logique de système pour en favoriser l’analyse, le partage, et la rendre actionnable. Le tour du sujet, en quelques questions clés.

Qu’est-ce que l’Atomic Research ?

Une définition

C’est une nouvelle manière d’organiser la connaissance et les données acquises par la recherche utilisateur. Largement inspirée des principes de l’Atomic design, approche qui a fait ses preuves en UX design, cette méthode permet de décomposer les connaissances en éléments simples, distincts et qualifiés. L’objectif : pouvoir catégoriser, archiver, partager ou encore croiser ces connaissances pour en faciliter l’exploitation.

À l’origine de cette méthode, Daniel Pidcock, fondateur de Glean.ly et UX designer expérimenté que nous connaissons bien chez Axance. Il était notre invité lors d’un récent webinar dédié à l’Atomic research dans nos locaux de Barbès. Il fonde son approche sur quatre « composants » clés permettant de structurer la connaissance utilisateur et de favoriser son utilisation, notamment dans le cadre de la conception d’un produit.

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      • Études : les diverses expérimentations ou recherches (observations, tests, entretiens, ateliers…) menées dont on va tirer des faits. Cet élément documente les actions de recherche réalisées.
      • Faits : les informations brutes issues des recherches mises en œuvre. Comme leur nom l’indique, ces éléments sont factuels, par exemple : 3 utilisateurs sur 5 n’ont pas compris le libellé du bouton.
      • Insights : l’interprétation des faits. C’est ici que l’analyse du Researcher intervient pour donner du sens aux informations recueillies. Un exemple d’interprétation : la formulation du libellé de ce bouton n’est pas claire.
      • Conclusions/recommandations : ce qu’il convient de faire de ces interprétations. Ces conclusions vont contribuer à la réflexion autour d’un produit, guider ou prioriser les travaux des équipes de réalisation. Exemple : ajouter une icône dans le bouton.

En résumé, une étude génère des faits qui vont être interprétés sous forme d’insights qui vont eux-mêmes permettre d’appuyer une conclusion ou de former des recommandations.

 

Les grands principes

L’Atomic research vise avant tout à faciliter l’usage et le partage des résultats de la recherche utilisateur au sein d’une organisation, pour les équipes en charge de la conception de produits comme pour toute l’entreprise. Quelques principes clés qui font l’intérêt de cette approche :

      • Visibilité : tous les composants (expériences, faits, insights, recommandations) sont « consommables » par les collaborateurs, quelle qu’en soit la forme : texte, dataviz, vidéo…  
      • Accessibilité : ils sont accessibles à tous les métiers impliqués dans la conception produit et la prise de décision au sein de l’organisation, du service ou de l’entreprise concernée.
      • Fiabilité : la connaissance et les données de la recherche utilisateur sont réputées fiables, représentatives de la voix des utilisateurs et/ou d’observations terrain.
      • Itératif : le dispositif Atomic research mis en place évolue et s’enrichit dans le temps des expériences menées, en phase avec les cycles de vie du produit.
      • Connecté : les différentes informations, données et recommandations générées sont connectées et peuvent être recoupées entre elles, rassemblées, mises en perspective…

 

Quels sont les bénéfices de l’Atomic Research ?

Concrètement, la mise en place de cette approche permet de rassembler l’ensemble des “composants” dans une base de données unifiée et de les catégoriser via un système de tagging. Ses avantages sont multiples :

Favoriser la collaboration : la base de connaissance s’inscrit dans un outil unique, clairement identifié, et accessible à tous. Il offre un même niveau d’information et permet le partage entre les différents experts engagés dans la réalisation d’un produit : Researchers, Product owners, UX designers, Data analysts… 
Accéder rapidement à l’information : intégrées dans un même « Research system », les données qualifiées et préalablement taguées sont accessibles en quelques clics ou requêtes. La plupart des outils disponibles sur le marché proposent ce type de fonctions pour optimiser l’accès à l’information.
Éviter la déperdition d’informations : rassembler l’ensemble des données de recherche dans un unique outil numérique fiabilise le stockage de ces éléments, limite leur éparpillement et rationalise leur traitement. Fini les insights ou conclusions dispersées dans plusieurs fichiers ou dossiers partagés.
Enrichir la base de connaissance : la capacité à archiver et mettre à jour des données de recherche permet de s’appuyer sur un historique solide pouvant évoluer dans le temps, au fil des cycles produits et des études menées.

 

L’Atomic Research, pour qui ?

Si cette méthode peut être exploitée par tout type d’organisation désireuse de rationaliser son approche de la recherche utilisateur et du partage de connaissances, elle s’avère fortement recommandée pour les entreprises dont la recherche utilisateur est centrale et qui souhaitent mettre en valeur ces données et les exploiter sur le long terme

Également, les groupes aux unités distantes ou à la répartition géographique étendue sont particulièrement concernés, de même que les entreprises disposant de très nombreux clients et de données utilisateurs en quantité. Enfin, les organisations s’appuyant sur des canaux diversifiés (physiques et digitaux par exemple) peuvent gagner à mutualiser leurs informations dans un espace commun, dématérialisé et flexible.

Vous n’avez pas pu assister à notre récent Webinar Atomic Research avec Daniel Pidcock ?

Il est encore temps de vous rattraper ! Le replay de l’événement est accessible ici. Bon visionnage !