Le Design System est plus qu’une librairie de composants ou un styleguide, c’est un véritable référentiel  au service d’une entreprise qui accélère sa transformation digitale et vise une expérience de marque cohérente. Ce 26 février dernier, Adobe et Idean se sont associés afin de nous partager, le temps d’une demi-journée, les retours d’expérience d’Airbus, Blablacar et Société Générale. Quelques bonnes pratiques ont émergé de ces échanges. Je vous livre ici les plus pertinentes pour vos futurs Design System…

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LES QUESTIONS À SE POSER POUR UN DESIGN SYSTEM DURABLE

Les excellents Audrey Hacq et Jules Mahé, tous deux Lead Designers, ont introduit la conférence en rappelant ce qu’est un Design System :  “c’est un point de contact unique qui regroupe tous les éléments qui vont permettre aux différents acteurs d’un projet de le concevoir, de le réaliser et de le faire évoluer”. 

Sur ces bases, “par où commence-t-on pour le mettre en place ?”, s’interrogent nos deux intervenants. Commencer par comprendre le besoin, bien identifier qui utilisera le Design System et évaluer si l’entreprise est prête à le mettre en place. Une analyse du contexte importante pour bien définir la vision, le périmètre et la gouvernance en amont du projet d’après eux. Dans cette lignée, je vous invite d’ailleurs à dévorer le livre Hackez le Design System où vous pourrez trouver différents ateliers pour définir les bases du votre. Je m’appuie régulièrement dessus pour mettre en place et améliorer les process entre les équipes.

“On n’a qu’à copier” est l’erreur que Morgane Peng et Fabien Zibi, respectivement Directrice de l’expérience utilisateur et Tech Lead Front-end à la Société Générale, nous conseillent d’éviter. Un Design System est unique et répond aux contraintes propres à l’entreprise. Partir d’une base peut être un bon point de départ et faire gagner du temps, beaucoup d’organismes mettent en ligne leur Design System, mais ne jamais perdre de vue le contexte et les objectifs spécifiques de sa réalisation afin de garantir sa pertinence.

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LA COMMUNICATION, CLÉ DE L’APPROPRIATION

Une fois le Design System réalisé, il faut le faire adopter par toutes les équipes. Dans cette optique, la communication est clé. Chez Airbus, son Design System Manager Clément Menant et ses équipes ont adopté une organisation centralisée. C’est à dire qu’une équipe dédiée au Design System est au service des autres équipes et veille à ce que tout le monde puisse y contribuer. Ne pas hésiter à recueillir les feedbacks de ses utilisateurs donc, comme pour tout produit, et à être transparent dans ses décisions et l’évolution du Design System. Il est important de faire comprendre que cette démarche appartient à chacun et de favoriser son appropriation, explique-t-il. 

Dans des grandes structures comme Airbus ou Société Générale qui doivent harmoniser des centaines de produits différents, mettre en place une gouvernance à l’échelle, bien dimensionnée, et désigner le collaborateur référent le plus pertinent en charge de contribuer au Design System.

ALIGNEMENT DE LA VISION ET MISE EN COHÉRENCE PORTENT LEURS FRUITS

L’équipe projet évolue et voit généralement ses effectifs grandir rapidement, comme chez Airbus où ils sont passés de 2 à 14 personnes en quelques années. Dans ce cadre, il est important de sensibiliser la direction à l’importance d’un Design System et d’inscrire ce travail d’acculturation dans le temps, par des interventions régulières. 

Les retours ont montré une augmentation moyenne des revenus de 23%  grâce à ce type d’effort de mise en cohérence et d’alignement. SNCF a observé 30% de réduction de ses coûts de développement front-end et Telus, compagnie de télécommunication Canadienne, a économisé 6480 heures de production de maquettes sur une année.

Autant d’arguments pour mettre en place son Design System. On évoque toujours beaucoup le front, mais quid du back-end ? Jonas Loco UX Designer chez Blablacar s’est posé la question. L’intégration du back-end est très importante quand on est dans une logique de production rapide et de release en continu, nous explique-t-il. Il invite les responsables projet à aller interroger les besoins des équipes back-end pour les intégrer pleinement dans les process et s’inscrire dans une approche systémique, et donc tout à fait complète.

S’il n’y avait qu’une chose à retenir de cette demi-journée ce serait à mon sens de veiller à prendre son temps. Un Design system n’est jamais fini et les éventuelles erreurs commises sont autant d’opportunités pour le faire évoluer.

Article rédigé par Maxime Claudel