On appelle serious game tout jeu dont la finalité première est autre que le simple divertissement, mais également une mise en situation permettant l’apprentissage et/ou la démonstration de principes par le jeu.

Historiquement, les premiers formats à avoir été utilisés étaient les jeux de cartes, les jeux de rôle et les jeux de plateau. Aujourd’hui, ils peuvent être très variés et aller des classiques jeux de cartes utilisés lors des cérémonies de poker planning, en passant par les marshmallow challenges pour former aux fondamentaux de l’agilité, ou encore les beer games, format inventé par le prestigieux MIT, et qui permet de former aux bases de la gestion d’une chaîne d’approvisionnement.

Des LEGO pour collaborer

Méthodologie inventée au début des années 2000, les LEGO Serious Play permettent de mieux appréhender la communication en équipe. Cela peut ressembler à une recette miracle, simple au premier abord, mais utiliser des LEGO pour transmettre des idées ne l’est pas forcément. Tous les participants doivent s’écouter pour aboutir ensemble à une solution. Il ne s’agit pas d’assembler des briques sans réfléchir. Il faut en premier lieu comprendre quel est l’objectif derrière cela.

Comment ?

Plus concrètement, les briques LEGO sont investies d’un sens métaphorique. Par exemple des roues pour parler de fluidité, une construction en hauteur pour prendre du recul ou pointer la distance de la hiérarchie, des briques transparentes pour signifier une attente forte de communication interne…

Méthode le plus souvent sollicitée par les équipes UX dans les environnements agiles, leur finalité est de voir au-delà de l’aspect ludique, et de comprendre les bienfaits des interactions entre les participants.

L’interview

Interview de Damien ROQUEL, fondateur de Brique24, certifié Lego Serious Play, qui a également développé un Serious Game intitulé « Défi Collaboratif Lego ». Récit de l’atelier qu’il a présenté lors de la journée consacrée aux méthodes Agiles du Mans, AgiLeMans.

Quels sont les principaux objectifs de cet atelier collaboratif ?

“Il y a plusieurs objectifs : non seulement mettre physiquement les participants dans une situation de collaboration au sein d’un système itératif. Mais également de voir quels sont les leviers de communication et d’organisation à avoir en équipe pour mener à bien un projet. Dans cet atelier, il est essentiel pour les participants de devoir s’adapter au contexte changeant mais aussi pour moi de les challenger sur un projet qu’ils ne connaissent pas. C’est une situation qu’ils pourraient facilement rencontrer dans leurs entreprises.”

Quels ont été les bénéfices observés sur les participants ?

“D’une part, ils se sont tous fait “piéger” par le jeu (rire) dans le sens où certains ont oublié qu’il fallait en premier lieu poser les choses, réfléchir au départ comme dans un vrai projet (étape de cadrage). Cela a également permis de rappeler aux participants qu’il est préférable de privilégier la collaboration à la compétition. Enfin, il a permis de créer des connexions entre les gens, qui ont dû s’adapter et interagir avec tous les autres participants pour mener à bien le projet.”

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées par les participants?

“Il est arrivé que les participants n’aient pas toujours échangé tous ensemble lors de l’atelier ce qui est typique de certains projets chez le client. Je leur conseillais alors d’adopter les bonnes pratiques de communication pour que le projet fonctionne bien. Certains ont donc dû faire un effort à ce niveau.”

En quoi peut-on retrouver les principes de l’agilité à travers ce défi ?

“La méthode agile y est présente à différents niveaux : c’est un projet à la structure itérative, basée sur la méthodologie scrum où, comme en équipe agile :

  • On réfléchit aux fondations du montage (planification)
  • On construit étape par étape chaque élément à l’aide de LEGO (processus itératif)
  • On teste la qualité de chaque élément du montage (recette)
  • On obtient finalement la construction complète que l’on montre aux autres participants (livraison)
  • On termine par une réunion entre participants afin de comprendre ce qui a plus ou moins bien fonctionné pendant les différentes étapes de la construction (rétrospective)”

Enfin, imaginons une application concrète chez un client : quelles compétences ce défi collaboratif pourrait apporter aux membres d’une équipe agile ?

  • “Un meilleur recul sur la prise de décisions au quotidien
  • Une meilleure communication au service du collectif
  • Une meilleure connaissance de son rapport aux autres dans un projet collaboratif
  • Une meilleure compréhension de la notion de leadership puisque tous les participants au défi ont eu leur mot à dire”

 

Conclusion

Voici un exemple parmi d’autres d’une application concrète du serious gaming et de ses enjeux. Une pratique qui se développe de plus en plus et qui génère autant de nouvelles vocations. A la fin, c’est à vous de comprendre quel serious game est le plus approprié pour votre organisation. Vous détenez peut-être la clé d’une meilleure performance  dans votre équipe agile 😉

Article rédigé par Charles Paineau
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