Le Minimum Viable Product (MVP) est la version minimale du produit, qui couvre au plus juste le besoin, pour délivrer une valeur utilisateur et permettre le feedback par les premiers clients. Souvent construit en quelques jours et rapidement exposé, le produit bénéficie ensuite d’une logique d’amélioration continue.

Le MVP incarne le point de pivot entre la construction du produit et son évolution dans un cadre Agile.

 

 

« Assez fréquemment, j’observe une analogie entre le MVP et le POC, qui permet de valider le concept. Le MVP a pour finalité de collecter des données plus rapidement. Dans la plupart des projets que j’ai pu faire, nous utilisions le MVP comme phase de cadrage. »

 –  Stéphane Leprince, Product Owner à la Société Générale.

 

 

Est-il pertinent d’injecter de l’agilité dans la construction du MVP ?

Pour un produit complexe, la construction du MVP va demander plusieurs semaines, peut-être même plusieurs mois. Ce choix place de facto l’équipe projet dans une situation contradictoire, à mi-chemin entre approche prédictive et Agile.

Pendant la construction du MVP, le produit ne sera pas à disposition des vrais utilisateurs : ce n’est pas là qu’il faut chercher le bénéfice de la démarche.

Par contre, la gestion de projets peut bénéficier de livraisons partielles pour consolider une meilleure visibilité sur l’avancement du projet. Les lots constituent des repères rationnels pour mesurer la valeur acquise. Les validations peuvent être étalées, évitant un effet d’engorgement à la fin du projet et rendant possible l’ajustement des livraisons.

Les incertitudes (techniques, juridiques, organisationnelles,…) peuvent aussi être désamorcées au fil des travaux, avec une organisation en cascade. Les équipes peuvent se mobiliser plus tôt sur le projet et les réalisations renforcent rapidement la capacité des expertises à collaborer face aux incertitudes.

 


« …Et nous donner une vision sur ce qu’ils pourraient vouloir par la suite. Du coup nous avons revu la conception de certains composants pour pouvoir les faire évoluer plus simplement dans le futur. En cycle en V on aurait du réécrire une partie de l’application une fois celle-ci arrivée ».

 – Mathieu Manzano, Product Owner chez Carrefour

 

 

En corollaire, les équipes s’habituent à répondre progressivement au besoin et à travailler avec des repères qui changent. L’organisation du travail devient un tremplin vers la gestion du produit dans un cadre purement Agile.

D’un point de vue pratique

Les méthodes Agile préconisent de s’écarter d’une logique prédictive « dure » en poussant 2 curseurs :

x Plus d’incrémental
x Plus d’itératif

L’incrémental est déjà souvent mis en œuvre avec un découpage en lots, synchronisés ou non, réalisés en parallèle ou les uns après les autres. L’itératif est à comprendre au sens de boucles d’amélioration, matérialisées par les tests, les retours, et les validations.

Mais le vrai gain réside dans la combinaison de ces facteurs qui favorisent le partage « horizontal » des expertises, la perméabilité organisationnelle et lève les séparations induites par le cycle en V.

 

Pour conclure

La construction d’un MVP reste prédictive par nature, puisqu’il s’agit de répondre à un besoin donné. Les itérations et le lotissement du projet provoquent essentiellement des gains de qualité. Le bénéfice de la culture agile est à trouver dans le rapprochement des équipes, davantage de collaboration, le partage accru des compétences et l’émulation collective.

 

Article écrit par Louis Lienard,
Directeur Conseil et Product Owner chez Axance
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